- Nata Shilo photographe Orléans
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Entre juin et septembre 2025, j’ai réalisé un projet photo sur commande d’Orléans Métropole qui s’appelle Les femmes dans l’industrie.
L’idée était simple, mais forte : montrer des femmes qui travaillent dans l’industrie, donner envie, ouvrir le champ des possibles, et encourager aussi bien les métiers industriels que scientifiques.
Je me suis déplacée dans seize entreprises du territoire et alentours : Servier, RTE, Altius, Enedis, MSL Circuits, Signarama, Orion Chemicals, DB Group, Nidec Power, Delfarm, Brandt, Lamre, Honda, Poché du Couval.
À chaque fois, j’ai photographié une femme dans son environnement réel. On y trouve des ingénieures, une soudeuse, une technicienne Enedis, des opératrices de production, des responsables maintenance, des conductrices de lignes… des métiers très différents, mais un point commun : elles sont là, elles font, elles savent.
Ce projet est né pour favoriser le choix des femmes vers l’industrie, sans mentir sur la réalité du terrain. Les images devaient être vraisemblables, inspirantes, donner confiance.
Quand j’ai commencé à travailler sur ce projet, je me suis mis beaucoup de pression. Je pensais devoir utiliser de la lumière artificielle. J’ai essayé dans certains cas.
Et puis j’ai compris plusieurs choses.
Déjà, la lumière artificielle est très contraignante pour créer des images vivantes sur place. Elle est lourde, physiquement difficile à déplacer seule, et pour avoir un vrai bon résultat, il faut souvent plusieurs sources, du temps, de l’espace. Sur certains sites industriels, ce n’était tout simplement pas possible.
Ensuite, j’ai réalisé que cette pression venait aussi d’un imaginaire visuel très présent dans la photographie industrielle : un style souvent très éclairé au flash, très contrôlé, très construit. Un style que j’associe plutôt à une esthétique masculine dominante dans l’image professionnelle.
À l’inverse, la lumière naturelle est souvent plus intuitive, plus sensible, plus proche du réel.
En tant que femme photographe indépendante, il y a aussi une réalité très concrète : les entrepreneuses gagnent en moyenne moins, investissent moins facilement dans du matériel lourd et coûteux, et n’ont pas toujours la possibilité physique de manipuler seules certains équipements. On ne peut pas toujours concurrencer sur ce terrain-là.
Par contre, nous avons souvent autre chose : une grande sensibilité.
C’est ce que j’ai choisi pour ce projet.
Pas de flash froid. Pas d’éclairage massif.
J’ai travaillé avec la lumière sur place, souvent plus chaude, plus douce, pour montrer une industrie chaleureuse, loin de l’image froide qu’on lui colle souvent.
Comme je photographiais uniquement des femmes, je voulais le faire avec mon propre regard.
On parle beaucoup aujourd’hui de male gaze et de female gaze. Pour faire simple, le regard dominant dans l’image (cinéma, mode, publicité) est souvent un regard masculin, qui transforme les femmes en objets visuels, en produits à consommer.
Moi, j’essaie d’éviter ça.
Je ne voulais pas produire des images faites pour plaire, séduire ou flatter.
Je voulais montrer des femmes au travail, compétentes, présentes, ancrées dans leur métier.
Mon intention était de photographier avec un regard situé, un regard féminin, un regard de l’intérieur. Montrer des personnes, pas des silhouettes décoratives. Respecter les corps, les postures, les gestes professionnels.
Ce projet ne cherche pas à embellir les femmes, mais à les représenter telles qu’elles sont : fortes, concentrées, naturelles.
Les portraits ont été pensés dès le départ dans un format vertical très étroit, parce que les supports finaux (roll-ups) étaient très hauts.
J’ai donc composé chaque image comme une présence debout dans son environnement industriel.
Sur certaines photos, j’ai utilisé un filtre qui diffuse la lumière en arrière-plan. Cela crée de petits spots lumineux, presque doux, qui apportent une ambiance plus humaine, plus vivante.
Il n’y a aucune retouche beauté.
Aucune transformation des visages ou des corps.
Seulement une colorimétrie légère pour harmoniser la série.
Une seule image a été retouchée, à la demande d’une entreprise, pour des raisons de confidentialité. Tout le reste est brut, réel, naturellement joli.
Chaque entreprise, chaque industrie, ses propres règles.
À chaque fois, je devais m’adapter : chaussures de sécurité différentes selon les sites, casque, lunettes, parfois pas de vernis ni cosmétique, parfois jean très épais pour la soudure, parfois blouse blanche en pharma, parfois accès limité à certaines zones.
Une fois, j’ai passé toute une matinée avec une technicienne Enedis. On a fait tous ses rendez-vous clients ensemble. Je l’ai suivie en mode reportage. J’ai découvert son métier, son parcours, son quotidien.
C’est ce que j’aime profondément dans ce genre de projet : entrer dans le monde professionnel de quelqu’un, comprendre, apprendre, regarder autrement.
Sur ce projet, j’étais en charge de :
contacter les entreprises
organiser les prises de vues
gérer la logistique et les contraintes terrain
réaliser les photographies
faire la sélection
valider chaque image avec l’entreprise et avec la personne photographiée
C’est un travail complet, humain, engagé, qui demande beaucoup d’adaptation, d’écoute… et parfois beaucoup de kilomètres et de chaussures de sécurité.
Je travaille depuis Orléans, mais je me déplace partout selon les projets.
Je réalise des portraits en entreprise, de la photographie industrielle, du reportage métier, des projets institutionnels et engagés, avec une approche humaine et sensible.
Si vous cherchez une photographe à Orléans (ou ailleurs) pour un projet autour des femmes, de l’industrie, des métiers techniques ou scientifiques, ou pour une mission de communication engagée, vous pouvez me contacter.
Nata Shilo, photographe professionnelle basée à Orléans depuis 2014