Comment préserver son inspiration quand on est photographe?

Ô muse ouvre-moi l’azur

Trouver son équilibre : gagner sa vie sans perdre sa voix

Ne jamais lâcher sa pratique personnelle "rien que pour soi".

De loisir à un métier

Nous arrivons dans les métiers d’art et d’artisanat, tels que photographe professionnel, par une pratique personnelle. Certains photographient les oiseaux de la Loire à 6 heures du matin, d’autres les narines des amis, chacun son truc. Puis on se dit que ça a l’air sympa, pourquoi ne pas en faire son métier. À défaut d’une très large niche des photos des narines, on se met à photographier ce qui marche vraiment. « Après tout, lors d’un mariage, il y a aussi des gens, ils ont aussi des narines », nous dit notre conscience artistique.

Le loisir se transforme en un métier, on apprend les nombreux besoins des clients, les tendances du marché, on suit des formations et notre image prend toute une autre forme, beaucoup plus commerciale, beaucoup plus passe-partout, beaucoup moins à notre image, ce qui est normal, car on est là pour couvrir les besoins des clients et non pour s’exprimer son ‘el artista’.

Début de la routine

Avec un style d’image que l’on bâtit, d’un jour à l’autre, on explique ce à quoi les gens peuvent s’attendre de nous exactement, en rendant le résultat plus prévisible. Mais un jour, on se réveille et on n’a plus trop envie d’aller faire son travail tant aimé avant. Pourquoi ? C’est devenu une routine, comme tout autre travail. Ça n’apporte plus ce plaisir de découverte du résultat, car on connaît le résultat à l’avance. Et s’il n’y a plus de plaisir ni de liberté, pourquoi faire ce travail-là ? Photographe est un métier majoritairement indépendant, accessible sans obligation de certification ou d’études.

Et s’il n’y a plus de plaisir ni de liberté, pourquoi faire ce travail-là ? Photographe est un métier majoritairement indépendant, accessible sans obligation de certification ou d’études.

Dans les moments de perte de motivation, on se pose la question de savoir s’il ne serait pas mieux de retourner à son ancien boulot, même si le chef était un peu con, au moins il y avait un salaire sûr.

Mes débuts

Pour ma part, je n’ai pas d’ancien boulot, car j’ai toujours fait ça : photographe est mon premier métier et non une reconversion professionnelle. Donc je n’ai pas vraiment de plan B, à part d’aller faire un boulot alimentaire à très basse échelle. C’est pour cela que je tiens à mon travail de photographe, je soigne ma santé physique et morale, dont l’inspiration fait partie autant que l’appétit fait partie de la santé physique.

En 13 ans de métier, j’ai traversé plusieurs crises de perte d’inspiration, ce qui jouait immédiatement sur mon résultat de travail, donc sur mon moral et mon porte-monnaie.

Je me suis lancé dans la photographie en 2011, quand j’avais 21 ans, à la fin de mes études d’architecte. Cela faisait 3 ans que j’étais passionné par la photo, mais je n’osais pas me lancer.

Pourquoi je parle de mes débuts ? Parce qu’au départ j’expérimentais beaucoup, car je ne connaissais rien et cette non-connaissance me libérait des peurs que j’ai eues plus tard : peur de ne pas être à la hauteur, peur de rater. Pour débuter, je photographiais mes amis, puis des modèles amatrices, puis des modèles professionnelles, mais je n’arrêtais pas pendant quelques mois et j’ai très vite progressé.

Petit à petit, j’ai appris les principes, les règles, les recettes de la bonne photo. Plus j’améliorais, moins j’expérimentais, car le résultat était suffisant, je n’avais pas besoin de chercher plus que ça.

Cerveau qui aime les sentiers battus

Récemment, j’ai appris que c’est une des fonctions du cerveau de privilégier les connexions neuronales déjà faites, plutôt que de créer les nouvelles. C’est rassurant, c’est la sécurité. Notre cerveau n’a pas beaucoup évolué depuis l’époque préhistorique, quand la sécurité était primordiale, autrement tu risquais de te retrouver dans la bouche d’un tigre.

En 2024, il y a de moins en moins de tigres dans nos rues. Aujourd’hui, on a plutôt peur de ne plus avoir de travail que d’être mangé par un tigre. La perte d’inspiration peut nous empêcher de progresser, donc devenir obsolète sur le marché de la photo, donc perdre dans la concurrence, donc perdre le travail.

"Mais que propose tu concretement ? Je ne peux pas me remplacer mon cerveau !"

Je vous propose de réapprendre à vous amuser ! À l’image des enfants qui jouent au coiffeur, au chauffeur de bus… Jouez au photographe au moins de temps en temps !

"Quoi faire si vous êtes photographe et vous avez perdu votre inspiration ?"

  • Photographier plus souvent pour son plaisir
  • Tenir un journal visuel quotidien
  • S’inspirer d’autres genres d’art que le votre

"Comment ça peut aider ?"

Pour sortir des sentiers battus, il faut se forcer à expérimenter. Il n’est pas facile de contourner son cerveau. Il y a des habitudes, on ne voit pas plus loin que notre champs de vision. Il y a également les différents peurs : celui de ne pas être accepté,  pour un petit exemple.

Astuces techniques pour réussir à faire des nouvelles choses.

  • Empruntez un autre appareil photo/objectif, différent du vôtre : d’une autre marque, puis un appareil vraiment pourri, puis un appareil beaucoup plus cher que le votre
  • Tentez les lieux non habituels pour vous

J’espère que cet article va vous aider à sortir de la crise créative, n’hésitez pas à m’écrire pour partager votre expérience.